Qui est l’acteur ?

Bertrand Chauveau, un apiculteur en Mayenne

Interview de Bertrand Chauveau par Emmanuel Mallo de l’Association Abeilles Mayennaises

Quel est le projet ?

Devenir apiculteur et récolter son propre miel

Après de nombreux échanges avec des apiculteurs et des visites de ruchers, c’est la révélation pour Bertrand qui met en place ses deux premières ruches en août 2023.

Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir apiculteur ?

Arrivés en Mayenne en 2019, nous avons acheté une maison en campagne entre Montigné-le-Brillant et L’Huisserie. L’ancien propriétaire avait eu quelques ruches mais il avait arrêté son activité de loisir. Amoureux de la nature et soucieux de faire ma part pour la préservation de la biodiversité, j’ai commencé à aménager une partie du terrain avec un potager en permaculture mais je n’envisageais pas me lancer dans l’apiculture bien qu’étant amateur de miel.

Puis, mon métier de consultant m’a amené à travailler pour le Manoir des Abeilles à Pontorson. Ils travaillent avec des apiculteurs professionnels avec lesquels ils s’engagent par des contrats pluriannuels avec une juste rémunération. Et ils ont aussi un apiculteur salarié qui gère le rucher du Manoir des Abeilles en apiculture biologique.

Les nombreux échanges avec les apiculteurs, et les visites du rucher avec l’apiculteur du Manoir des Abeilles ont été une révélation et m’ont donné envie de me lancer dans cette activité.

Quelle a été votre plus grande fierté/joie ?

La mise en place de mes deux premières ruches en août 2023 avec un enjeu majeur : assurer un bon état sanitaire des deux essaims et arriver à leur faire passer l’hiver.

Un de mes premiers moment de fierté a été de voir les colonies sortir de l’hiver en pleine forme lors de la visite de printemps.

Le printemps 2024 n’a pas été propice à la récolte à cause de la météo. Et j’ai connu la joie indescriptible en été 2024 avec ma première récolte de miel, l’extraction et la mise en pot. Un pur moment de bonheur !

Pot de miel récolté par Bertrand Chauveau

Avez-vous rencontré des difficultés et comment les avez-vous surmontées ?

Nous sommes dans l’univers du vivant donc nous devons nous adapter en permanence à la vie des colonies, les aléas de la météo, les attaques des virus, des acariens comme le Varroa, fléau mondial d’infestation des ruchers, et aussi de la prédation de plus en plus vive du frelon asiatique.

C’est une surveillance permanente pour gérer les 50 000 abeilles que compte chaque ruche. 

Le premier problème rencontré a été une mortalité importante d’une des colonies. J’ai pensé à une intoxication aux pesticides. J’ai contacté le GDSA et la vétérinaire est venue inspecter mes ruches, et me donner des conseils. Il s’agissait plutôt d’une disette. En fin de printemps pluvieux, les abeilles n’avaient pas pu faire suffisamment de réserves et elles manquaient de nourriture. J’ai du compenser ce manque en leur donnant du sirop et j’ai pu sauver la colonie.

Les ruches de Bertrand Chauveau

Si vous aviez un conseil à donner à un débutant, quel serait-il ?

Sans conteste la formation !

Dès l’installation de mes premières ruches, j’ai suivi la formation niveau 1 aux Abeilles Mayennaises. C’est indispensable de se former et de se faire accompagner sur la durée par des professionnels et des bénévoles expérimentés et passionnés qui vous transmettent leur savoir.

L’apiculture est un domaine où on apprend en permanence et c’est précieux de pourvoir compter sur l’aide de l’association.

J’ai d’ailleurs poursuivi la formation niveau 2 en 2025 et 2026 pour parfaire mes connaissances théoriques et participer aux séances pratiques avec les ruches du rucher école de l’association au Pottier. 

Ensuite, ce qui est indispensable c’est de mettre de l’eau et des fleurs mellifères à proximité du rucher. C’est très facile à faire, c’est joli et ça donne à manger et à boire aux abeilles.