Arbres, haies et petite faune nous ont aidés à traverser les fortes chaleurs. Voici comment leur rendre la pareille avec des gestes simples. 

Pendant les pics de chaleur, les haies, les arbres et les arbustes ont prouvé leur utilité : de l’ombre, de la fraîcheur, et une vraie vie animale, là où le bitume cuisait. Ces zones végétalisées forment de véritables îlots de fraîcheur. Selon l’Office national des forêts, l’ombrage et l’évapotranspiration d’un arbre peuvent abaisser la température ambiante de 2 à 8 °C, à condition que la plante ait de l’eau à disposition. 

Mais la canicule a éprouvé tout le monde. Les oiseaux et la petite faune ont suffoqué. Les arbres, eux, ont subi un stress hydrique intense. Ils nous ont protégés ; à nous de les ménager. 

Côté faune : trois coups de pouce


Le premier réflexe : de l’eau et de l’ombre 

Quand le mercure grimpe, flaques et petites mares s’assèchent. Les oiseaux, qui ne transpirent pas, peinent alors à réguler leur température. Le geste le plus efficace ne coûte rien : disposer des récipients peu profonds (3 à 4 cm d’eau suffisent) à l’ombre, dans un endroit dégagé, ou même suspendus, pour que les chats ne puissent pas tendre d’embuscade. Une soucoupe de pot de fleurs fait l’affaire. Un couvercle de poubelle retourné offre même une « baignoire » où les oiseaux entretiennent leur plumage. Et le point d’eau ne profite pas qu’à eux : abeilles et pollinisateurs le jour, hérissons la nuit, viendront aussi s’y ravitailler. 

Deux astuces qui changent tout : poser une pierre ou une branche au milieu du récipient — une île de secours qui permet aux insectes de ressortir sans se noyer, et renouveler l’eau chaque matin pour éviter maladies et moustiques. Ne rien ajouter à l’eau, jamais. 

Offrir des refuges de fraîcheur, sans rien construire  

Les animaux cherchent avant tout de l’ombre et des caches fraîches. Or, les meilleurs abris sont ceux qu’on ne range pas : un tas de feuilles mortes ou de branches dans un coin du jardin, une souche laissée en place, une zone volontairement non fauchée qui reste verte et ombragée. Cette « gestion différenciée » du jardin – tondre ici, laisser vivre là – crée une mosaïque de micro-habitats où oiseaux, hérissons et insectes traversent les pics de chaleur. 

Le bâti aussi peut aider : une grange ou un garage à l’ombre, peu utilisé et laissé entrouvert pendant les fortes chaleurs, devient un précieux abri. Et n’oublions pas les martinets et les hirondelles qui nichent sous les toits, où la température peut dépasser 50 °C : chaque coin d’ombre et chaque point d’eau à proximité compte. 

Un animal en détresse ? Les bons réflexes 

Vous trouvez un oiseau prostré au sol, bec ouvert, ailes écartées ? Trois erreurs à éviter : le mouiller (risque de choc thermique), le forcer à boire (risque de noyade), le nourrir sans avis spécialisé. La bonne méthode : le placer à l’ombre et au calme, par exemple dans un carton percé de trous, dans une pièce tempérée, avec une coupelle d’eau à proximité. Un geste simple, qui a sauvé des centaines de martinets et d’hirondelles lors des derniers épisodes caniculaires. 

Puis contacter un centre de soins de la faune sauvage, qui donnera les consignes adaptées. En Mayenne : l’association Le Repère à Champéon (06 52 64 33 66), l’association Linné à Évron (06 45 23 56 51) ou Mayenne Nature Environnement (02 43 02 97 56).  

Crédit : LPO

Côté flore : ménager les arbres qui nous protègent


Ranger le taille haie jusqu’à l’automne 

Tailler ou élaguer en plein été, c’est blesser un arbre déjà stressé et stimuler sa croissance, donc sa consommation d’eau, au pire moment. Sauf branche dangereuse, la taille attend l’automne ou l’hiver. Ce répit protège également les oiseaux, qui nichent à tous les étages de la haie : la LPO et l’Office français de la biodiversité recommandent de ne pas tailler les haies ni élaguer les arbres du 15 mars à la fin de l’été. 

En résumé : on taille en automne ou en hiver, surtout pas en canicule ni pendant la nidification — les nids d’espèces protégées le sont strictement, toute l’année. 

Pailler en végétal, jamais en minéral 

Couvrir le pied d’un arbre retient l’humidité : sur un sol nu, l’évaporation est environ trois fois plus forte que sous une litière. Mais attention au choix du paillis. Le paillage minéral (galets, pouzzolane, ardoise) emmagasine la chaleur du soleil le jour et la restitue la nuit : il réchauffe le sol en pleine canicule, exactement l’inverse de l’effet recherché. Le paillage végétal (broyat, copeaux, feuilles mortes), lui, garde la fraîcheur, nourrit la terre et entretient la vie du sol. Astuce circulaire : le broyat de vos tailles d’automne devient le paillis de vos arbres au printemps suivant. Rien ne se perd. 

À défaut : laisser pousser l’herbe au pied 

Le geste « zéro effort » par excellence : laisser l’herbe se développer au pied des arbres plutôt que tondre et tasser. Cette végétation maintient la fraîcheur et offre un refuge à la petite faune. Elle protège le sol du piétinement et évite les passages répétés de tondeuse, donc le tassement qui asphyxie les racines. La LPO conseille d’ailleurs de limiter les tontes en été et de conserver des bandes enherbées le long des haies. Moins de tondeuse, plus de vie : l’équation est plaisante. 


Penser « étages » : arbres + arbustes plutôt qu’arbre + pelouse 

Un arbre isolé sur une pelouse rase reste un habitat pauvre. Associer arbres et arbustes, en privilégiant des espèces locales et rustiques variées, héberge beaucoup plus de biodiversité (oiseaux, pollinisateurs, petits mammifères), résiste mieux aux maladies et crée un microclimat frais dont profite tout le voisinage. Les plantations attendront l’automne, la bonne saison pour mettre en terre, mais c’est dès maintenant qu’on choisit les emplacements et les essences. C’est aussi le trait d’union entre les deux volets de cet article : une végétation étagée protège les arbres du dessèchement et loge la faune qui, en retour, fait vivre le jardin. 

Crédit : Les Pâturages du Littoral 

Pour les collectivités, le permis de végétaliser 


Pour passer à l’échelle collective, le permis de végétaliser, né en juin 2015 et repris depuis par de nombreuses villes, autorise les habitants à jardiner l’espace public (pieds d’arbres, trottoirs désimperméabilisés) dans le cadre d’une charte : utiliser des plantes locales et mellifères, zéro pesticide, entretien assuré par les jardiniers-citoyens. 

Trois conseils pour en tirer le meilleur : privilégier la pleine terre plutôt que les jardinières, imposer des palettes végétales locales et résistantes à la sécheresse, et inscrire dans la charte le paillage végétal et l’absence de taille en période sensible. L’ADEME accompagne par ailleurs les communes qui veulent créer des îlots de fraîcheur avec son service gratuit « Plus fraîche ma ville ». 

Pour aller plus loin


Pour continuer à se documenter sur ce sujet, nous vous proposons de consulter les pages suivantes (sources fiables) :