À RETENIR EN QUELQUES LIGNES 

Préparer ses vacances semble banal. Pourtant, derrière ce départ se jouent des arbitrages de budget, de temps, de transport, d’accessibilité mais aussi des effets très concrets sur le climat, les ressources et les territoires. De « l’instatourisme » aux alternatives plus proches, cet article décrypte l’impact écologique des vacances et explore d’autres manières de voyager, y compris en Mayenne.  

Les onglets sont ouverts. Comparateur de vols, site de location, météo.  On hésite. Voiture, train, avion ? Mer, montagne, campagne ?  

Puis les prix bougent, les trajets se compliquent, les alternatives paraissent moins accessibles.  

Et dans un été où la chaleur s’installe plus tôt, une question s’invite : les vacances, elles aussi, participent-elles aux transformations que l’on observe déjà autour de nous ? 

Pourquoi les vacances comptent autant ? 


Les vacances restent une respiration, une pause attendue, une manière d’échapper, temporairement, au quotidien. Mais elles sont aussi une réalité économique, sociale et territoriale. En 2023, le tourisme français représente 3,8% du PIB et plus d’un million d’emplois1. Il organise des flux massifs de déplacements et de séjours et façonne des territoires entiers. 

Cette évidence n’est pourtant pas partagée. En 2022, 46% des Français, ne sont pas partis du tout en vacances2. Et pour près de 5 millions d’enfants, l’été ne signifie ni départ, ni rupture3. Même quand le voyage reste possible, il dépend du budget, du temps disponible, du foyer et de l’accessibilité des transports comme des lieux.  

À cela s’ajoute un imaginaire puissant : celui des vacances « réussies », souvent associées à l’éloignement, à l’exotisme, à l’impression d’avoir vraiment coupé. Sur les réseaux sociaux, certaines destinations deviennent “à faire”. C’est le phénomène de « l’instatourisme » : un tourisme guidé par des images déjà vues et déjà validées, qui pousse vers les mêmes lieux et les mêmes usages4. Dans certains cas, cela crée des effets de saturation sur des lieux précis et fragilise des espaces déjà sensibles. 5 On parle alors de surtourisme

Nos vacances ne répondent plus seulement à un besoin de repos. Elles sont aussi façonnées par des récits, et par des images qui circulent en continu. 

Ce que nos vacances mettent réellement en mouvement 


Bilan GES du tourisme en France

Bilan GES du tourisme en France en 2022, ADEME19

L’essentiel de cette empreinte repose sur les déplacements : ils en représentent 69%, dont 29% pour le transport aérien6.

L’intensité carbone de la consommation touristique atteint 0,35 kg CO₂e par euro dépensé, soit 75 % plus intense en carbone que la moyenne de la consommation française. Elle reste néanmoins en 2023 plus faible qu’avant COVID.7

De Laval à Barcelone : le vrai coût du voyage

Les ordres de grandeur présentés ici sont issus des données de l’ADEME8 et des temps/prix observés via les principaux comparateurs de transport.

Depuis Laval, partir à Barcelone ne signifie pas la même chose selon que l’on prend l’avion, la voiture ou le train. Prix, temps de trajet, émissions de CO₂ : les écarts sont considérables.

En un coup d’œil, on comprend ce que l’on ne voit pas toujours au moment de réserver : l’avion paraît plus rapide, mais il concentre l’essentiel de l’impact. Le train est de loin le moins émetteur, mais pas forcément le plus accessible.

Mais les effets dépassent largement la seule question carbone9.

Dans certains sites très fréquentés, comme Etretat8, Crozon ou Bali9, la biodiversité se fragilise : piétinement, érosion des sentiers, dérangement des espèces.

Le tourisme mobilise de l’eau, en moyenne 240 L par nuitée10, et de l’énergie, parfois dans des territoires déjà sous tension.

Les logements se transforment, les habitants partent et les centres se recomposent.

Il peut enfin accentuer l’abandon de déchets et la pollution des eaux et des sols11.

Autrement dit, les vacances ne produisent pas un seul effet, mais une cascade d’impacts, liés à leur intensité et à leur concentration. Le flygskam12 aussi appelé honte de l’avion, les convictions ou la culpabilité écologique pourraient-ils mener à une réduction ou une transformation du tourisme ?

Et si le voyage commençait ici ?


On peut passer des heures à préparer Barcelone. Repérer des quartiers, des cafés, des balades.

Pourquoi ne pas faire la même chose ici ? La France, première destination touristique mondiale en 2025, est surtout la destination préférée des Français.13

En Mayenne, le tourisme représente 3 500 emplois et 8,5 millions de visiteurs venant principalement de régions proches14. Mais ici, Terre des Slowlydays®15, il n’y a pas vraiment de lieu central à atteindre, ni d’image incontournable à reproduire. Et cela change la forme du tourisme.

Observatoire du Tourisme – Destination Mayenne14

En Mayenne, on vient moins « faire un lieu » que parcourir un territoire

À vélo sur la Vélo Francette, sans chercher à optimiser chaque étape. À pied dans une vallée ou un espace naturel sensible, sans objectif de performance. En s’arrêtant dans un marché, un café, un village. En dormant une nuit sous tente près de la Mayenne. En reprenant un sentier bocager, simplement parce qu’on ne l’avait jamais vraiment regardé. Ici, moins de déplacements concentrés, moins d’intensité, plus d’attention.

Pour aller plus loin

Envie de passer de l’idée à la pratique ?

Retrouvez notre sélection d’activités en Mayenne pour les vacances.

Si le vélo est au centre de votre voyage

Participez au Festival International de Cyclotourisme du 2 au 9 août 2026 à Château-Gontier sur Mayenne17

Ce que l’on peut vraiment changer


Réorganiser ses vacances ne signifie pas tout transformer du jour au lendemain. Il s’agit plutôt de repérer où se situe l’essentiel.

Comparerles prix et les impacts

Avant de réserver, comparer. Pas seulement les prix du transport, mais aussi leur impact grâce à l’outil de l’ADEME Impact CO2 Transport8. Cela change la manière de décider.

Le transport, levier principal

Depuis Laval, prendre l’avion signifie rarement “juste prendre l’avion” : il faut souvent rejoindre Rennes ou Nantes, payer un parking, anticiper l’attente. Le train peut être plus direct mais aussi plus cher. Le covoiturage existe, mais suppose d’autres contraintes. Le choix ne se fait donc pas entre des options idéales, mais entre des réalités imparfaites.

En avion, privilégiez les trajets sans escales16. En train, des outils comme Mollow, Interrail, … permettent d’explorer des trajets à l’échelle européenne.

Le temps et le rythme

Multiplier les séjours courts, surtout lorsqu’ils impliquent des trajets importants, pèse davantage qu’un séjour un peu plus long, moins fragmenté18. Et sur place, le rythme compte lui aussi : ne pas enchaîner, revenir au même endroit, laisser de la place au vide.

Ajuster ses vacances autrement

Choisir un hébergement16 plus sobre, un gîte rural ou une petite structure ancrée dans son territoire. Et privilégier des activités qui demandent moins d’équipement que d’attention : marcher, pédaler, visiter un bourg, flâner sur un marché.

Certains guides recensent aussi des hébergements et destinations engagés, comme les Guides TAO, le Guide du Routard sur le tourisme vert ou Agir pour un tourisme responsable.16

Ne pas nier les limites : tout cela n’est pas simple. Voyager avec des enfants suppose du confort, des horaires et une logistique plus lourde. Pour les personnes à mobilité réduite, l’accessibilité réelle des transports et des hébergements reste déterminante. Les alternatives les plus sobres ne sont pas toujours les plus accessibles. C’est pour cela qu’il ne s’agit pas de viser la perfection, mais de déplacer légèrement le curseur.

Conclusion — voir autrement


Partir, c’est maintenir des liens, découvrir, se reposer. Ce qui peut changer, c’est notre façon de voir que quelques choix pèsent énormément et qu’ils ne sont pas possibles pour tous. Les vacances sont une manière d’habiter le monde, même pour quelques jours.

Alors peut-être que l’enjeu tient là : partir… sans jamais cesser de comprendre où l’on met les pieds.

Sources


  1. INSEE (2025). L’essentiel sur le tourisme
  2. Qu’est-ce qu’on fait (2026). Tourisme au kilomètre
  3. Observatoire des inégalités (2024). Les enfants inégaux face aux vacances
  4. C’est une autre histoire (2026). L’enfer d’Instagram en voyage
  5. C dans l’air France Télévisions (2025). Le village d’Etretat, assaillie par des milliers de touristes, étouffe
  6. ADEME (2024). Bilan des émissions de gaz à effet de serre du tourisme en France en 2022
  7. SDES (2026). L’empreinte carbone de la consommation touristique en 2023 : une intensité en carbone élevée
  8. ADEME (2026). Impact CO2 Transport
  9. Sur le front (2024). Les réseaux sociaux vont-ils tuer le tourisme ?
  10. ATOUT France (2026). Bilan touristique de l’année 2025
  11. Carbone 4 (2024). Les liens entre le tourisme et le réchauffement climatique
  12. Zoom Zoom Zen (2022). Le flygskam, ou La honte de prendre l’avion
  13. Direction générale des Entreprises (2026). Bilan touristique 2025
  14. Destination Mayenne (2025). Bilan touristique en Mayenne 2024
  15. Destination Mayenne (2026). Ils s’engagent dans le collectif Slowlydays
  16. ADEME (2025). Comment ? Passer des vacances plus écologiques ?
  17. Fédération Française de Cyclotourisme (2026). Festival international de cyclotourisme
  18. Carbone 4 (2024). Voyager bas carbone, comment concilier vacances et monde bas carbone ?
  19. ADEME Infos (2024). Voyager léger : un défi pour le secteur du tourisme